Le Mézeray sous bannière Sumbe

Nurlan Bizakov

Le Mézeray sous bannière Sumbe

En 2010, Nurlan Bizakov achète Hesmonds Stud, dans le sud du Royaume-Uni.
En novembre 2019, ce propriétaire originaire du Kazakhstan achète Montfort & Préaux.
En novembre 2020, il annonce la fusion des deux structures sous la marque Sumbe.

Nous sommes au mois de février 2021… Nurlan Bizakov devient le propriétaire du haras du Mézeray. Il possède désormais 300 hectares (environ) dans le Calvados. Depuis 2019, Nurlan Bizakov a annoncé vouloir étendre sa présence en France : l’achat du Mézeray est une nouvelle pierre à l’édifice Sumbe. Et l’histoire ne fait que commencer…

Nurlan Bizakov : « Nous voulons offrir la meilleure expérience possible à nos clients »
Mardi, le tribunal de commerce d’Alençon a tranché : Nurlan Bizakov est le nouveau propriétaire du haras du Mézeray. Il nous dit tout sur sa stratégie autour de la marque Sumbe.


Jour de Galop. - Pourquoi avoir acheté le haras du Mézeray ?

Nurlan Bizakov. - Lorsque j’ai acheté Montfort & Préaux, j’ai vite compris qu’il nous faudrait davantage de terres : il y avait les juments des clients du haras, dont le propriétaire et éleveur de renom Gérard Augustin-Normand, et, lorsque j’ai amené mes poulinières, la structure a été un petit peu sous pression. Je suis soucieux d’offrir le meilleur à mes juments et à celles des éleveurs qui nous font confiance, et mon but a toujours été de m’étendre en France. Nous avons regardé s’il y avait des terres disponibles autour de Montfort & Préaux et, dès lors, nous avons saisi l’opportunité d’acheter le haras du Mézeray. C’est un haras historique, fondé par Paul de Moussac en 1962, qui a élevé deux gagnants du Prix de l’Arc de Triomphe et 27 gagnants de Gr1 ! Il est parfaitement situé puisqu’il est à dix minutes du haras de Montfort & Préaux. Les deux sont vraiment très proches. Nous serons plus flexibles pour accueillir davantage de chevaux.
Se positionner était facile, restait la question du prix… Ce fut finalement une longue aventure. Lorsque je suis venu à la vente de sélection Arqana, en septembre dernier, tout le monde me félicitait de l’achat du haras mais nous n’étions encore qu’aux pourparlers ! Nous allons continuer à chercher de nouvelles terres à acheter.

Plusieurs éleveurs ont des juments au haras du Mézeray. Que leur dites-vous ? Je leur dis, ainsi qu’à mes clients, que je vais considérer les deux haras comme un seul et même ensemble : un seul et même haras, une même équipe. L’idée est d’offrir les mêmes services sur les deux structures. Il n’y aura aucune différence de traitement entre les deux : nous voulons offrir la meilleure expérience possible à nos clients.

Le haras du Mézeray accueille De Treville (Oasis Dream) comme étalon. Quels sont les plans le concernant ? Les plans ne sont pas fixés avec De Treville, dans le sens où nous sommes encore en pleine saison de monte. Nous ferons de notre mieux pour aider Rashit Shaykhutdinov, son propriétaire, à vendre des saillies. Dans l’immédiat, les choses vont se poursuivre comme maintenant.

Qui sera le nouveau directeur du haras du Mézeray ? Tony Fry, à mes côtés depuis dix ans àHesmonds Stud, prendra la relève de Philippe Brosset, qui sera encore là quelques semaines pour assurer la transition. Mathieu Alex sera davantage concentré sur Montfort & Préaux.

Et quid d’Hesmonds Stud, puisque Tony Fry prend les rênes du Mézeray ? Hesmonds Stud était mon haras personnel mais, désormais, presque toutes mes juments se trouvent en France. Nous sommes à la recherche d’un nouveau directeur. Nous espérons trouver un candidat prochainement. Déjà, l’an dernier, Hesmonds Stud a accueilli des juments de clients de Montfort & Préaux qui partaient à la rencontre d’étalons britanniques. Cette année, nous n’aurons pas de juments pleines à Hesmonds Stud : seulement des juments vides ou suitées. Le haras va évoluer et aura désormais une vocation plus commerciale, grâce à ses excellentes infrastructures

Comment vont fonctionner vos différents haras ? Allez-vous développer une synergie entre eux ? Une spécialisation de chaque structure ? L’idée de base est de dire : tous les haras sont un même haras. La synergie entre le Mézeray et Montfort & Préaux est évidente. Notre intention est de garder les clients : ceux actuellement à Montfort & Préaux et ceux du Mézeray. Et si nos clients souhaitent envoyer des juments à la saillie en Angleterre, nous serons heureux de les héberger à Hesmonds Stud. Après, nous savons que le haras du Mézeray possède de belles infrastructures pour les yearlings, par exemple : peut-être que les préparations pour les ventes se passeront là-bas. Le haras du Mézeray possède aussi une belle cour à Arqana, tout près du ring, que nous allons essayer de garder. Peut-être que, cette année, les yearlings seront vendus sous la bannière Mézeray ? Il y a aussi une très belle structure de débourrage au haras du Mézeray. De même, j’aimerais que les naissances aient lieu au même endroit, avec une toute nouvelle structure de poulinage. Cette année, nous continuerons probablement tel quel mais dans le futur… Mais Montfort & Préaux reste la base étalons, par exemple… Nous nous pencherons sur tout cela prochainement ; je n’ai pas encore eu le temps nécessaire pour voir comment nous pourrions combiner, dans le détail, les haras. Quoi que nous fassions, le but est de proposer les meilleurs services possible.

L’idée est de créer un label, une marque Sumbe ? Quand il y a eu la possibilité d’acheter le haras du Mézeray, j’ai réfléchi à ce que nous pourrions faire grâce à ce haras historique. Et j’ai décidé de lancer une nouvelle marque sous le nom de Sumbe [Sumbe a été dévoilé en novembre 2020, ndlr]. Avec Sumbe, nous allons créer une nouvelle histoire, tout en gardant les noms des trois haras. Nous offrirons à nos clients les meilleurs services sous le label Sumbe, en France et en Grande-Bretagne. Par ailleurs, nous pourrions chercher des terres du côté de l’Irlande, même si la priorité reste de peaufiner nos infrastructures françaises.

Souhaitez-vous acheter encore de nouveaux sires dans le futur pour les stationner en France ? Si oui, quel type de profil ? Oui, nous allons essayer de trouver de nouveaux étalons. J’ai dans l’idée de stationner un bon miler. Nous avions essayé l’an dernier d’acheter un excellent miler et j’ai toujours l’espoir que, cette année, nous puissions trouver un deal pour un cheval de ce type (...)

Lire l'article JDG